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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 11:44

 

Petit texte, réalisé pour les 12h de Clécy, par notre Ami Jean Pierre Banville, et une occasion révée de parler de son nouveau livre!

 

Les douze heures de Clécy

 

Un observateur étranger pourrait se demander ce que vous faites tous à Clécy en cette fin de semaine de Pâques.

Ne devriez-vous pas suivre Bison Futé et son troupeau et ainsi fuir les ondées normandes pour quelques jours dans le sud?

Espérez-vous réellement que les cloches revenant de Rome vont survoler Clécy? Nourrissez-vous l’espoir que la distribution de chocolat de Pâques sera meilleure dans la Suisse Normande? Existe-t-il un Camembert de Pâques? Distribué , non par le traditionnel lapin , mais bien par l’incontournable vache normande?

A moins… à moins… que vous soyez tout simplement perdus!

C’est cela?

Vous vous dirigiez vers Videbouteille-Plage, vous avez pris la mauvaise sortie sur l’autoroute et votre auto a finalement manqué d’essence à Clécy?

Et bien j’espère pour vous que vous avez, dans votre véhicule, le minimum requis pour faire de l’escalade!

Parce que, durant les prochains deux jours, vous allez pouvoir participer à l’évènement marquant du calendrier culturel et sportif normand :

LES DOUZE HEURES DE CLÉCY!

Deux jours de grimpe pour les petits et les grands… oui, deux jours sur les falaises de la Suisse Normande, à Clécy, où vous pourrez découvrir les plus belles voies d’escalade de la région et profiter de l’hospitalité des gens du cru.

Je vous envie…

Vous verrez peut-être passer une cloche! Vous trouverez peut-être le camembert de Pâques caché par Berthe, la vache qui rit sous la pluie. Vous grimperez sans doute certaines des plus belles voies de votre carrière verticale, de celles dont vous pourrez vous vanter dans un des nombreux bistrots de la municipalité.

Alors que moi, sur ma banquise, je regarde passer les phoques!

Ceci dit, s’il vous reste de la menue monnaie à votre retour à la maison et que vous décidez qu’un souvenir mémorable de Clécy est un incontournable pour votre salon… alors je vous engage à vous procurer le livre culte de l’été en Normandie :

‘’ LE SECRET DE L’ÉMINENCE GRISE ‘’

Vous découvrirez, dans ce modeste bouquin, l’histoire vraie de la première station de ski alpin de Basse-Normandie, ici, à Clécy!

Vous découvrirez l’histoire tragique des amours de Troudoara et de Vitupert, des saints mérovingiens dont on a découvert les restes à quelques kilomètres des falaises.

Vous pourrez lire dans les moindres détails l’enquête menée par la maréchaussée et quelques honnêtes citoyens pour retrouver le Pied de St Vitupert et le meurtrier d’un humble diacre.

Vous verrez les efforts consentis par la jeunesse de Clécy dans l’enseignement du ski alpin et sa diffusion.

Vous tremblerez en apprenant qu’un loup féroce s’est échappé lors d’une tentative de réintroduction de l’espèce et hante maintenant le bocage.

Tout cela et bien plus dans :

LE SECRET DE L’ÉMINENCE GRISE

Un polar qui serait burlesque si ce n’était pas l’entière vérité!

 

Allez! Allez! Grimpez, et revenez-y, à Clécy …

 

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Pour plus d'infos: c'est ici

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 13:20

 

On le savait déjà mais il se confirme que le hasard est souvent facétieux. Lors de la rénovation de notre local du Caf j‘ai récupéré tout un stock de vieilles revues alpines et je les épluche tranquillement à mon rythme. Avec le recul du temps, bien des articles prennent de subtiles saveurs. Et justement cet article «une bavure en Himalaya?» du numéro 31 d’Alpinisme et Randonnées avait retenu mon attention.

Et ne voilà t’il pas que l'excellent JPB, que je ne connais pas mais dont j’apprécie particulièrement l’humour caustique, nous écrit une chronique sur S. Saudan.

Je n’aurais sans doute pas réagi si S. Saudan ne s’était permis cette petite diatribe sur les skieurs d’aujourd’hui qui ne font rien de leurs skis et qui n’ont pas de respect pour les autres.

Je me dois de préciser que, si je passe pour avoir une bonne connaissance de l’histoire de l’alpinisme, je suis une quiche en ce qui concerne l’histoire du ski extrême.

Et étant âgé de 54 ans je ne peux pas être suspecté de défendre ma crémerie!!!

 

Dom

 

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11 janvier 2014 6 11 /01 /janvier /2014 09:19

 

A la fin des années ’70, le présentateur d’une station de radio de la région de Québec annonçait que le Suisse Sylvain Saudan avait réussi la première descente en ski du Cap Diamant à Québec.

La première descente en ski sur une pente rocheuse du Cap Diamant! Pas de neige!!

De ma chambre d’étudiant, de l’autre côté du fleuve, je m’en voulais déjà de n’avoir pu assister à la conférence que Sylvain Saudan avait donné à Québec lors de sa tournée canadienne pour présenter ses films, un voyage commandité par Salomon. Alors entendre que le Maître avait réussi une descente historique dans la falaise de schiste qui supporte la vieille ville avait provoqué en moi un profond désespoir! Cette vision nouvelle, cette audace, alliée à une performance physique exceptionnelle me prouvait je n’étais qu’un skieur de bas étage!

J’ai suivi, au cours des années, la vie et les œuvres de Sylvain Saudan alors que mon karma m’amenait vers l’escalade et la montagne. Et, il y a quelques jours, je me suis finalement décidé à demander une entrevue à celui qui est considéré comme le père du ski extrême. Celui qui ne peut tomber!

Sylvain Saudan est né en Suisse en 1936 et il partage sa vie entre ce pays, Chamonix en France et le Cachemire. Il est moniteur de ski et guide de montagne. Et pour ceux qui pourraient penser qu’à 77 ans il soit retraité et bien assis devant un feu de bois, sachez que lors notre discussion téléphonique, il revenait des pentes où il avait donné des leçons. Il skie à tous les jours et passe quelques mois par année au Cachemire car il y possède une entreprise d’héliski. Il donne aussi des conférences partout dans le monde et est souvent invité à des émissions télévisées sur la montagne.

Skieur de l’impossible, père du ski extrême, ça veut dire quoi dans un monde où les snow-parks s’annoncent comme l’activité première des stations? Dans un monde où l’on rêve d’Alaska et de backcountry? Dans un monde où ‘’l’Extrême’’ est une marchandise pour skieurs intermédiaires?

 

 

 

Skieur de l’Impossible c’est, pour Saudan, commencer une carrière en 1962 en se pratiquant sur des pentes difficiles lors d’un voyage en Nouvelle Zélande pour se lancer en 1967 dans un couloir à 45 degrés du Rothorn près d’Arosa. Puis faire le Couloir Spenser à l’Aiguille de Blaitière, le Couloir Gervasutti, Le Couloir Whymper – tous entre 50 et un peu plus de 55 degrés. Ensuite, en 1969, réaliser le Couloir Marinelli au Mont Rose : 2500 virages. Puis l’Eiger en 1970, le Mont Hood en 1971 de même que les Grandes Jorasses… 5 :30 de descente et 2500 virages dans une pente que grimpent les alpinistes de pointe. La plus longue descente du Mont McKinley en 1972 par 45 degrés de pente. Puis le Nun Kun en Himalaya, une descente à 55 degrés après une montée par une nouvelle voie. En 1982, première descente intégrale d’un 8000 mètres, le Hidden Peak, avec un bivouac lors de la descente et une avalanche qui le précède. En 1986, il descend le mont Fuji… sur une pente de rochers, 1500 mètres de vertical!

Sans compter tous les autres sommets, tous les autres couloirs, tous les films promotionnels, toutes les journées de poudreuse, tous les cours, tous les accidents de montagne ou d’hélicoptère où des clients et amis sont morts.

C’est cela, être le skieur de l’impossible, le père du ski extrême… et c’est sans compter que le matériel utilisé serait considéré, aujourd’hui, comme antique sinon dangereux! Et vous pouvez oublier le casque, même sur les rochers.

Voici un résumé de l’entrevue faite le 5 janvier :

- Mais pourquoi skier l’extrême?

‘’ Pour se connaître soi-même et parce que je voulais être capable de skier en tout temps, tous les types de neige, sur tous les terrains. Même les couloirs réservés aux alpinistes…’’

- Et on utilise quel matériel pour ce genre de descentes?

‘’ Des skis Hart puis des skis Lamborghini, l’entreprise de Tolmezzo au Friul, qui a commercialisé des skis Sylvain Saudan considéré à l’époque comme les 4x4 du ski. Enfin, j’ai travaillé pendant 25 ans pour Salomon qui furent très généreux, me permettant de réaliser des films et de les montrer au monde. ‘’

 

 

 

- On pense à quoi avant de se lancer, lorsqu’on regarde la pente entre les spatules de ses skis?

‘’ On ne pense à rien sinon au premier virage! C’est lui qui va déterminer toute la descente, son rythme. Et c’est ce rythme qui fait qu’on se rend en bas… car, dans cette affaire, la chute n’est jamais permise… il faut être maître de ses skis et avoir préparé la descente, l’avoir visualisée et surtout, il faut y croire. On n’a pas droit à l’erreur.’’

- Quelle est la différence entre les skieurs des années ’60 et ’70 et les skieurs d’aujourd’hui?

‘’ Les skieurs d’aujourd’hui ont des outils plus faciles à contrôler mais n’en font strictement rien. Ils portent une armure, un casque et, de ce fait, ils sont moins responsables. Ils possèdent moins de technique et skient en tout temps sur des pistes préparées alors la moindre surprise les affole. Et ils ont surtout beaucoup moins de respect pour les autres : plus personne ne fait attention! Pour tout dire, je trouve que les snowboarders sont techniquement bien meilleurs sur les pistes, les free riders aussi.’’

- Que penser de la marchandisation de l’activité?

‘’ Chez les skieurs, il y a peu de marchandisation…les clips entre amis ne se vendent pas et les grosses expéditions sont le fait des entreprises qui commanditent pour leur publicité : c’est du business. C’est un peu différent pour le snowboard où il y a encore un espace pour se démarquer.’’

- Pourquoi skier sur des pentes rocheuses?

‘’ Parce que celui qui sait skier sur le rocher pourra skier toutes les conditions en tout temps. C’était mon but…’’

- Et l’héliski au Cachemire?

‘’ Je skie là-bas depuis des années et l’entreprise offre des prestations haut de gamme permettant à des amateurs de skier dans des conditions tout à fait exceptionnelles, rarement rencontrées ailleurs, tout en bénéficiant d’un confort inégalé.’’

- C’est coûteux?

‘’ C’est très coûteux mais c’est une expérience unique dont les amateurs se souviendront toute leur vie.’’

- Votre dessert favori?

‘’La tarte tatin.’’

 

- Votre boisson favorite?

‘’ Le champagne Dom Ruinart.’’

- Et cette série de conférence au Québec?

‘’ En 1974 je crois… je dois vérifier… avec Salomon et j’ai montré mes films à Montréal, Québec, Trois-Rivières, Chicoutimi, Rivière du Loup et sans doute ailleurs… c’était très beau. Ce qui me fait souvenir de ma descente du Couloir Saudan à Blackcomb, la même année??? On l’a débaptisé par la suite…’’

- Et cette descente du Cap Diamant en ski?

‘’ Jamais effectuée! Je ne l’ai jamais fait, cette descente... tu me dis en avoir entendu parler sur les ondes d’une station de radio alors je crois que c’est sans doute la plaisanterie d’un commentateur qui n’avait plus rien à dire!’’

 

Voilà pour l’entrevue avec Sylvain Saudan, le Skieur de l’Impossible, rejoint chez lui à Chamonix. Il quitte pour une autre saison au Cachemire le 20 février alors, s’il y a des amateurs, de riches amateurs… sinon vous pouvez vous émerveiller en regardant certaines de ses descentes sur Youtube. Celle au Hidden Peak, sans casque et en pull de guide, sur une pente de 50 degrés, sur une neige parfaite, est un classique à ne pas manquer. Et relativisera vos descentes dans les pistes d’experts de votre station favorite!

Ah oui… la descente du Cap Diamant…

J’ai toujours été obsédé par cette fameuse descente qui, finalement, n’a jamais eu lieu.

Alors, en 1982, avec deux amis, nous avons stationné nos automobiles, des reliques, au pied du boulevard qui longe le cap et nous sommes montés à pied en arrachant la végétation poussive qui y survivait avec peine. Créant une petite plate-forme au sommet en cassant le schiste, nous avons chaussé nos skis puis, l’un après l’autre, nous sommes descendus.

Tomber n’était pas permis!

 

 

 

 

Et le pire, c’est que nous sommes remontés à quelques reprises : skier dans ces conditions, le risque, c’est addictif. Par le plus grand des hasards, un journaliste passait sur le boulevard et s’est arrêté pour poser des questions et prendre des photos. Ce qui fait que, le lendemain, ma photo ornait une page du quotidien local … et ma mère me téléphonait pour me dire que j’étais totalement fou et que je ne devais plus jamais refaire ça.

Si elle avait su ce qui allait suivre!

 

 

Je tiens à remercier Sylvain Saudan pour sa disponibilité et sa gentillesse. Merci à Philippe Deparis, journaliste à TV8 Mont Blanc qui m’a permis d’entrer en contact avec monsieur Saudan. Remerciements aussi à madame Christine Perrier qui gère les communications de Sylvain Saudan.

Un clin d’œil à Salomon qui a permis toute cette aventure. Et pour les amateurs, voici le lien pour le ski au Cachemire mais aussi celui d’un court vidéo sur le ski sur rocher.

 

http://www.himalaya-heliski-cachemire.com/

http://www.youtube.com/watch?v=7kUsv8tTnR4

 

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Philippe Deparis en entrevue avec Sylvain Saudan , gracieuseté de madame Christine Perrier

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 12:21

Il semble bien que les surfeurs vont continuer à draguer toutes les filles dans les bars et sur les terrasses ! Car l’escalade ne sera pas un sport olympique : la décision est tombée. Nous avons perdu face au baseball et la lutte . Normal… Nous avons perdu face au squash . Qui l’aurait cru ? De toute façon , il restait le karaté et le wake-board qui risquaient de nous mettre au tapis sinon de nous faire boire la tasse … Et maintenant, que faire? Tout d’abord, il faut tenter de reconquérir le haut du pavé vestimentaire . Oui, oui : tous les jeunes veulent avoir le look cool des surfeurs et dépensent une bonne partie de leurs allocations pour se procurer des vêtements surfistiques . Qui se souvient du temps où nous portions avec grâce des pantalons ‘’painters’’ blancs et un gilet de rugby déchiré? Qui se souvient du temps où , dans les capitales américaines de la mode, il était chic de porter des chaussons Merrell bicolores à double lacets ? C’est là qu’il faut frapper! Gagnons le cœur des foules un bikini à la fois. Affichons-nous par t-shirt interposé . Grifffons ! Griffons ! Enterrons Quicksilver, Billabong, Roxy, Volcom… sous une avalanche de griffes escalade déjantées. Japhet Cool, par exemple ... Dollard Falot nous a montré la voie ! Ce qui existe actuellement en fait de marque escalade/montagne est pépère à souhait … Pas étonnant que les grimpeurs n’aient pas la cote : ce sont des reliquats ‘’ vintage 1960 ‘’ de la Californie. On entre dans un restaurant et on nous offre une bavette en nous aidant à nous asseoir… Vite : une Fontaine de Jouvence verticale! Mais il y a plus! Pour se faire désirer, il faut se faire reconnaître et annoncer ses couleurs. Par les fringues, oui , mais aussi par les accessoires... Déjà, en Floride, quand un surfeur entre dans le café où je déjeune et qu’il me voit , il m’adresse un shaka , ce signe de reconnaissance provenant des îles du Pacifique. Et comment me reconnait-il? Outre l’air totalement perdu, le regard vide, que j’affiche à longueur d’année et mon bronzage touriste qui me fait ressembler à un cousin du homard, je porte toujours le tout dernier modèle de sandales de plage branchées. Un accessoire essentiel! Et c’est là aussi, dans le domaine des accessoires, que nous devons frapper! J’ai les sandales au pied; mon auto stationnée à la porte du café offre à la vue quelques planches colorées et des stickers surf, je feuillette un hebdo de surf et la tablette à mes côtés affiche à qui veut le voir les prévisions de vagues pour les prochains jours. Mon sac à dos annonce une marque exotique de combinaisons disponibles uniquement sur commandes spéciales. Avec ça, on ne peut me manquer! Résultat? J’ai eu deux merveilleuses matinées , dans ce café , à discuter avec une effeuilleuse locale qui faisait annuellement le double de mon salaire et qui trouvait le temps de tonifier son corps , quotidiennement , en surfant près de la jetée. Et possédant une culture surprenante en prime… et de fermes convictions quant au besoin de rationalité du monde. Croyez-moi : il n’y avait pas que ses convictions qui étaient fermes… si je n’avais pas eu l’air du grand-père du cousin du homard cité plus haut, elle m’aurait sans doute invité à dépenser de l’argent pour la voir s’émoustiller sur un poteau vertical. Donc il nous faut créer des accessoires qui nous distinguent de la masse, des accessoires servant à la reconnaissance de l’espèce grimpante que, plus tard, tout le monde voudra nous emprunter pour faire partie de notre gang! Depuis le porte-clés ouvre-bouteilles ( aux armes du team caffmeux? ) jusqu’à la création d’un couvre-chef spécifique ( un chapeau de castor en fourrure artificielle? ) , il faut renouveler nos signes de reconnaissance. Créer une poignée de main secrète! Lancer des sites web bidons affichant l’état des falaises en tout temps!! Vous allez me dire que nous avons déjà le site web du magazine ‘’Grimper’’ qui remplit cet office mais est-ce suffisant? Imaginez : il est quasi impossible de trouver un sticker humoristique sur l’escalade… comment voulez-vous vous afficher??? Mais, encore plus, nous n’avons pas de vie culturelle. Pas de peintures et pas de sculptures, pas de livres ou si peu et, dans la majorité, les héros y meurent gelés sous une avalanche ou, au mieux, perdent des doigts et affrontent la gangrène. Rien pour attirer les foules. Rien pour attirer les filles . Les surfeurs ont les requins, les barracudas, les raies, les alligators. Sans compter les vagues monstrueuses que tous peuvent voir du bord de la plage. Il n’y a pas de tension dans le récit quand on évite une avalanche ou qu’on enfile une deuxième paire de gants. Par contre, quand un requin marteau cogne sous votre planche alors qu’une vague de six mètres se forme derrière vous, là vous gagnez rapidement l’attention de vos auditeurs! Et qui ira vérifier la longueur du requin? Quand je raconte que je me suis cogné le genou sur le bord d’une vire, tout le monde se lève pour aller aux toilettes. Quand je parle des dauphins qui tournaient autour de nous à la jetée de Cocoa et qui semblaient rire de nos efforts pour prendre une vague, toutes les filles sont suspendues à mes lèvres… Ai-je besoin d’en dire plus??? Il faut rapidement réviser notre message et la façon de le transmettre. La couleur terre n’a jamais attiré personne sinon les vaches et les chauves-souris. Il faut tendre vers les tons vifs ! Donc il faut s’afficher, se démarquer, annoncer un message stimulant, un message qui n’est pas fait de lutte constante et de doigts écrasés. Un message qui n’est pas teinté de sueur… Sans doute qu’il nous faudrait une histoire avec des héros qui ne soient pas morts de froid sur une vire ou bien tombés dans une crevasse. Des héros qui ne soient pas des grognons compulsifs prêts à décoter le bloc poussiéreux de l’adversaire de ‘’ 8b , départ couché avec un genou bloqué sur un caillou qui , par un hasard extraordinaire, est situé au bon endroit et les trois doigts de la main gauche en opposition sur une prise qui se trouve au niveau du nez’’ à ‘’ 7c+, départ avec les deux genoux sur le bloc erratique qui s’est déplacé à cause de la crue du Danube et la main droite en opposition sur une réglette qui est apparue lorsque le matelas a touché le bloc poussiéreux en question ‘’ . Personne n’aime les chialeux! Pourquoi pensez-vous que je suis encore célibataire à mon âge? Kelly Slater ne se plaint jamais et Laird Hamilton non plus … bien qu’à la carrure de Laird Hamilton, s’il devait se fâcher… On n’arrive même pas à s’entendre entre nous sur un niveau de difficulté alors comment voulez-vous que les autres comprennent? Faut garder ça simple et conserver le sourire… Oui, on a besoin de héros plaisants et possédant une couleur locale, sinon universelle. Et des histoires fabuleuses qu’on pourra raconter dans les bars, devant de jeunes effarouchées qui ne demandent qu’à croire. L’avantage des surfeurs, c’est qu’ils ont en main, en permanence, un objet phallique de première grandeur! Non, non, rangez tout de suite ce que vous venez de sortir de vos pantalons : vous ne faites pas le poids! Dans mon sous-sol, j’ai trois 9’8’’ et une 10’ , toutes colorées dans la masse, et je vous en passe un papier : quand je me promène sur une plage avec une de ces planches sous le bras, je proclame à tous ma masculinitude et mon pouvoir de séduction. Tellement que j’ai commencé à me promener avec une planche pour aller faire l’épicerie – difficile dans les allées – alors que je suis à cinq heures du plus proche océan. Mais je vous jure : toutes les filles me regardent. Tous les gars me jalousent. Tous les médecins m’offrent leurs cartes de visite et l’horaire des rendez-vous. Je deviens un Dieu… encore plus si j’ai des sandales, le bronzage et tous mes doigts et orteils. Comment créer un tel objet, nous, les grimpeurs? J’ai la solution! La corde… n’avons-nous pas une corde dans nos sacs? C’est par cette corde que nous rendrons notre activité attachante!! Les pompiers ont leurs boyaux : nous aurons notre corde et la plus longue, le mieux! Imaginez la discussion au restaurant : Tu as acheté la nouvelle 100 mètres fluo de Zéal ? Bien voyons!! Ca fait ringard… j’ai la 150 mètres 9.1 double sec de Zéro Absolu! , celle avec l’affichage à DEL pour la retrouver dans les consignes au sortir des terrasses. Oui, plus long, ce sera plus bon! Et peut-être même meilleur!! Nous pourrons nous promener partout avec cette corde lovée sur nous ce qui fera paraître nos épaules plus larges et notre torse puissant. Affirmer que nous sommes des gens de sacs et de cordes… enfin dans le bon sens du terme. C’est à qui aura la corde la plus longue, le diamètre le plus fort et en prime cet effort de groupe permettra d’éviter les relais intermédiaires en falaise. Les chasseurs ont leurs peaux d’ours, nous aurons notre corde! Que du bonheur. Vous voyez, chers Caffmeux , nous avons du chemin à faire… Et quand nous serons rendus là, et bien on va s’apercevoir qu’on n’a pas besoin du CIO ou de J.O. pour être populaires et reconnus dans la foule anonyme. Car les surfeurs ont un plaisir fou et draguent comme des bêtes sans aspirations olympiques. On ne peut en dire autant des curlingneurs dont les seules aspirations sont de passer le balai et de ramasser les pierres laissées à trainer par l’autre équipe ou des marathoniens qui doivent se coucher tôt pour s’entrainer le matin avant que les chiens ne sortent des maisons et ne leur courent après. A qui voulons-nous ressembler? Surfeurs ou curlingneurs??? Qui possède le plus de capital de sympathie? Qui est réputé pour avoir une vie époustouflante sur l’oreiller? Et ce, sans J.O. ni substances dopantes. Vous, Normands, êtes en première ligne – comme le sont mes amis Bretons – car vous partagez un territoire fait de mer et de montagne. Le Réveil ne viendra pas de ces pauvres Alpes qui ne connaissent que l’odeur du chausson humide et le vert de la moisissure au bout des ongles d’orteils. Non! C’est de vos contrées que la Nouvelle Vague de la Grimpe va surgir tel un tsunami qui emportera l’Ancien Régime nourri de barres tendres périmées et de chocolat virant au blanc. Allez et faites que dans mes vieux jours, un pied dans la tombe, je vois arriver à mon chevet une infirmière portant un petit bustier coquin et un chapeau de castor qui me dira : Vous êtes un grimpeur, vous! Une légende vivante à ce qu’on dit… ça se voit à vos gros doigts… Mademoiselle, vous êtes bien bonne! Vous voulez voir la longueur de ma corde? Tout ça, sans J.O. A PLUS , AMIS NORMANDS … Je vous recommande mon dernier livre : ‘’ Des Rails et Dérives’’ , qui se passe à St Michel Chef Chef . Un morceau de Bretagne séparé de la mère patrie par d’affreux politiques . Du surf . De la grimpe. Des épisodes coquins…

 

Bye Jean Pierre BANVILLE

 

02 2005 05 Week end surf 012

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 09:23

 

 

 

 

Peu de bonnes nouvelles en ce printemps pluvieux… la récession, le chômage, les affres du mariage, la pénurie d’infirmières, la pénurie de logements, la pénurie de miel, la pénurie de stations-service, la pénurie de lait pour bébé…

Je compatis à tous ces malheurs mais je me console rapidement en songeant que l’escalade est rejetée comme discipline olympique.

Depuis le temps qu’on en parlait de cette décision qui ouvrirait les portes du cénacle olympique à de nouvelles activités; depuis le temps qu’on nous rabâchait les oreilles quant à la certitude de voir l’escalade déclarée olympique parce que, tout simplement, on le doit au monde de la montagne. Depuis le temps qu’on sucre la pilule pour faire avaler aux grimpeurs que l’avenir passe nécessairement par les Anneaux…

Et bien le verdict des Instances Olympiques est tombé!

REJETÉ!

 

Oui, oui : la candidature de l’escalade n’a pas été retenue.

Il n’y a pas que les falaises qui vont être mouillées ce weekend : je connais certains centres d’entrainement sur résine dont les murs ne seront pas secs.

Être méchant et revanchard et je vous dirais que je vous l’avais annoncé, et il y a longtemps de cela. D’accord, d’accord… oui, je vous l’avais répété sur toutes les tribunes et ça me fait un petit velours de maintenant savoir que mon analyse était bonne.

Mais si un pauvre type comme moi pouvait analyser les paramètres de l’équation et en déduire que nous n’avions aucune chance… pourquoi le Fédération a-t-elle marché main dans la main avec l’IFSC? Pourquoi a-t-elle dépensé temps et argent dans cette galère? Pourquoi a-t-elle misé sur les performances sur résine, l’apanage d’un tout petit nombre, plutôt que de satisfaire sinon de dépasser les attentes de ses membres de base qui, eux, fréquentent les blocs, falaises et sommets de l’Hexagone?

Nous avons même eu droit à une élection fédérale qui opposait résine et falaises avec le résultat que l’on sait.

Je vous laisse sur le message de la fin. Le message de monsieur Scolaris, président de l’IFSC :

Nous allons poursuivre nos efforts pour partager nos valeurs et notre mode de vie avec les jeunes générations et développer de nouvelles opportunités marketing sur le marché de l'outdoor, qui est énorme et en constante augmentation.

Dites-moi ….

Pourquoi une Fédération voudrait développer de nouvelles opportunités marketing sur le marché de l’outdoor? Pourquoi une Fédération voudrait supporter quelqu’un qui le veuille? Est-ce le but avoué des J.O. que de développer des opportunités marketing? Est-ce que le développement d’opportunités marketing aide d’une quelconque façon à la pérennisation de l’escalade et de la montagne en France? Est-ce le mandat d’une Fédération?

Peut-être monsieur Scolaris s’est-il, dans un moment de dépression, totalement oublié et, dans un message qu’il considère comme un ‘’Merci et à la prochaine!’’, a-t-il révélé le fin fond de l’affaire olympique dans le plus beau ‘’Lapsus Calami’’ des dernières années. Freud en serait fier.

Si c’est le cas, il a du potentiel, ce monsieur Scolaris, et mérite de monter en galon : qu’il se lance de ce pas en politique! Il y a du Bunga-Bunga à y prendre.

Pour les autres, il est plus que temps de retourner à l’essentiel : le rocher, sa préservation et sa libre fréquentation.

Je vous souhaite qu’il arrête de pleuvoir. Je me le souhaite aussi. J’ai une voie qui n’attend que ma perceuse si, un jour, elle parvient à sécher.

 

 

 

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 18:10

 

 

Laisser retomber la poussière …

Après l’élection FFME, je me suis dit qu’il était nécessaire de laisser retomber la poussière. Qu’il était nécessaire de prendre une certaine distance pour plus facilement tenter d’analyser les tendances.

De premier abord, je pense qu’il serait important, pour le cercle de direction, d’être rassembleur. Depuis l’élection, je n’ai pas entendu de déclaration fracassante sur l’avenir des sports FFME. Je n’ai pas entendu de discours amenant de nouvelles orientations sur la table. Je n’entends pas le discours de Kennedy devant le Mur de Berlin…

‘’ Business as usual ‘’!!!

Est-ce normal?

Est-ce souhaitable?

Mon opinion, pour ce qu’elle vaut, c’est que vivre et agir dans une solution de continuité suite à l’élection… c’est mettre la crédibilité de la Fédération en jeu. Déjà plusieurs voix s’élevaient pour qu’on change les paradigmes. Le modèle de référence précédent n’est plus valable et sa persistance risque d’amener une crise de confiance. Alors quoi?

La Fédération représente, entre autres, les grimpeurs.

Mais la majorité des grimpeurs n’est pas partie prenante de la Fédération.

Et il existe une Fédération parallèle qui tire très bien son épingle du jeu. Oui, oui : la FFCAM!

Tout ce cirque me fait étrangement penser au schisme entre catholiques et orthodoxes… Qui sera le primat de l’église grimpante? Qui mettra la main sur les églises d’altitude, les refuges? Qui en seront les officiants et pourront-ils se marier? Et Filioque… pour les amateurs d’Histoire.

 

 

Et puis il y a ce vote qui ne relève pas de la démocratie directe chère à Rousseau mais bien d’une forme subtile de népotisme. Ne serait-il pas normal, dans une organisation qui compte moins de 100,000 membres, d’oser la transparence et le vote par tous les licenciés?

Un vote par licencié… bon, mais quel est le ratio entre licenciés et participants? Un pour cinq? Un pour sept? Irions-nous jusqu’à dire que 800,000 personnes pratiquent les activités qui tombent sous le parapluie de la Fédération? Un sur dix serait licencié??

Mais alors, comment convaincre les électrons libres de la validité de l’activité de la Fédération? Je n’ai pas entendu parler d’un quelconque plan pour attirer de nouveaux membres! Et de toute façon, au moment où j’écris, la Fédération n’a aucune visibilité – elle touche à peine ses propres membres – alors comment rejoindre la masse qui montagnise sur les massifs ou raquettise sur le blanc manteau neigeux?

Que faut-il leur proposer? Comment les attirer? Alors que j’entends des membres désirer quitter le bateau FFME pour le paquebot FFCAM… On réduit la licence au prix d’un paquet de cigarettes durant cinq ans? On offre un concert gratuit de U2 à Bercy? On fait tirer des sièges pour les compétitions d’escalade aux prochains JO? Si seulement quelqu’un avait pensé à lancer un style musical ‘’Escalade’’ dans le temps. Si seulement on avait un cinéma de montagne (enfin … on avait un cinéma mais il est disparu, écrasé sous le poids de clips amateurs granuleux de 5 minutes maximum). On ferait signer des autographes!

Non… on n’a pas grand-chose à offrir pour attirer les masses. Ahhh… l’assurance…et les passeports… laissez-moi bâiller!

Vieux sarcastique! , que me dirait Gère-Mène.

Oui, il me semble que nous sommes passés juste à côté de questions existentielles lors de cette élection. La falaise nous a empêchés de voir le massif, là, juste derrière. Certaines activités n’ont jamais été mentionnées ou si peu. Est-ce à dire que leurs membres n’ont pas le même poids dans la balance? Et pourtant je suis falaisiste! Et oui , il faut aussi sauver nos falaises…

Tellement de questions… j’en ai une liste devant moi… mais les énumérer ne ferait que générer de la frustration. Il faut voir plus loin… il faut voir l’avenir… je regarde avec attention et pourtant je ne vois qu’un brouillard informe.

Quand arrive Diogène et sa lampe!

 

J’ai longtemps hésité à faire le ménage chez moi, à la maison. Trop de souvenirs. Trop de petites choses. Et puis, la semaine dernière j’ai commencé à trier le ramassis dans le sous-sol. Naturellement les souvenirs du fantôme de la maison furent soigneusement rangés dans des caisses. Mais là…

Mais là, je me suis aperçu que j’ai des tonnes de magazines et de revues. Des centaines et des centaines. Des piles à faire pâlir la Tour de Pise. Escalade, montagne, surf, ski. Voyage aussi. Escalade surtout…

Mais vous faites quoi, vous, avec vos magazines?

Je ne veux même pas compter ce que représente une pile puis multiplier par le prix d’achat. Il y en a pour des milliers… pas mal de milliers… d’euros! Moi? Moi, j’ai tout acheté ça?? En anglais, en français, en italien, en allemand, en japonais???

Si j’en ai tellement, c’est que je suis vieux. Si j’en ai tellement, c’est que je dois être fou!

Heureusement, notre ‘’Grimper’’ n’est plus distribué dans mon coin de toundra. Voilà ça de sauvé. Et pourtant j’en suis malheureux : on me prive ainsi d’une heure de lecture légère agrémentée de belles photos.

Les piles sont partout au sous-sol. Je ne peux ni ne veux m’en débarrasser. Tous ces souvenirs… tous ces rêves…

Tiens! À ma mort, on déposera mon corps sur un bûcher fait entièrement de mes magazines. Je partirai ainsi en fumée avec mes rêves et mes illusions !!!

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 12:25

 

DE LA DÉMOCRATIE EN MONTAGNISME

 

 

Durant les dernières semaines, j’ai tenté d’amener un éclairage sur les enjeux de la prochaine élection FFME.

Grâce à des entrevues ciblées, il était possible d’amener les partis en présence à étoffer leurs positions et à exposer les enjeux. Je crois que c’est la première fois qu’un tel éclairage est porté sur la Fédération et son avenir.

Je suis content : chaque camp a joué le jeu en répondant aux questions qui, je l’avoue, comportaient quelques pièges dont mes professeurs de philosophie auraient été fiers. Seul le président de la FFCAM ne m’a jamais répondu, sans doute parce qu’il ne voulait pas s’immiscer dans l’élection FFME.

Mes lecteurs savent que je ne peux voter et que, localisation oblige, je ne suis partie prenante d’aucun courant sinon celui du bon sens. Il me faut donc remercier tous ceux qui ont joué le jeu. Naturellement j’ai des opinions et des espoirs! Je suis francophile et je m’assume… je suis un grimpeur d’abord et avant tout et un analyste pour le reste.

Je crois que nous sommes à un tournant, à un point de non-retour. L’orientation de l’exécutif élu décidera du sort de notre pratique pour des décennies à venir. Et il ne faut pas oublier les autres activités contrôlées par la FFME… le canyon, la raquette, le ski alpinisme, la montagne sont restés dans l’ombre, des laissés pour compte dans la course olympique. Je me sens un peu mal pour les adeptes qui se demandent sans doute ce qu’ils viennent faire dans cette galère – comme le disait si bien Molière.

Et puis il y a le mode de scrutin… avec un si petit nombre de licenciés, je ne comprends pas pourquoi la démocratie directe n’est pas possible alors qu’elle l’est ici pour des coopératives qui regroupent des millions de membres. Soyons francs : on ne peut espérer un intérêt et une implication des membres lambda si on ne leur donne pas une voix au chapitre lors des élections générales. C’est un tantinet médiéval, une élection où seuls les clubs possèdent un délégué votant…

Mais qui suis-je pour critiquer?

Il n’y a pas mort d’hommes et tout le monde va continuer à grimper le premier avril.

Mais grimper où et comment? A quelles conditions? A quel prix?

Aujourd’hui les dés sont jetés : il faudra vivre avec les conséquences. Je déteste voir ma passion se muer en objet de politique. Sans doute parce que je suis apolitique. Il faut vivre avec son temps : nous ne sommes plus aux premières ascensions du Mont Blanc!

Ce qu’il faut souhaiter, c’est une équipe qui saura garder l’escalade à son niveau actuel. Ce qu’il faudrait imaginer, c’est une équipe qui aurait la vision et l’énergie pour amener l’escalade et la montagne à un niveau digne d’une activité qui sublime notre humanité.

Car les activités de montagne ont plus d’ancienneté que la plupart des sports de masse. La première ascension du Mont Blanc pré date le baseball, le football, le soccer, le basketball et une multitude de sports olympiques. Notre littérature alpine était célèbre quand Coubertin voyait le jour. La montagne, comme la mer, a fait rêver une multitude bien avant les délires des stades de soccer.

Et maintenant, où en sommes-nous?

Impossible d’obtenir un cinq minutes durant le bulletin de nouvelles à moins qu’il n’y ait eu mort d’hommes. Impossible de publier un livre de montagne qui sortira hors de notre milieu pour le moins hermétique. Impossible de voir un héros populaire qui soit un grimpeur : le dernier, Edlinger, nous a quitté récemment et jamais personne n’a réussi à avoir le charisme nécessaire pour le remplacer.

L’Olympisme est la solution à tous les maux? Je ne saurais le dire. Je sais par contre que l’Olympisme, c’est un business inique et que tout y est faux. On ne devient pas plus populaire en étant olympique… regardez tous ces sports – des sports? … des passions? – dont on ne parle que durant deux semaines à chaque quatre an. Est-ce que c’est ce que l’on veut?

Est-ce que nous voulons voir nos terrains de jeu se réduire comme des peaux de chagrin jusqu’à devenir anecdotique sinon hermétique? Oui, je vais continuer à grimper et vous aussi mais qu’en est-il de vos enfants et petits-enfants? Qui va se tenir debout face aux lobbys puissants qui menacent nos falaises?

Impossible à dire et je n’ai pas de boule de cristal.

Dans moins d’une semaine…

Je vais m’ouvrir une bouteille de vin en attendant le résultat du scrutin.

Mais, selon moi, nous valons beaucoup plus que ce que nous sommes, collectivement.

 

 

 

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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 14:41

Jean Pierre Banville, le chroniqueur fou de notre petit monde de l'escalade, vient de recevoir un prix pour "des rails et des dérives".

lalielalie-220.JPG

A la croisée des chemins, entre l'escalade et le sruf, Jean Pierre joue avec les codes de ces deux univers, dans un joyeux chaos.

N'hésitez à le lire, pas il y a des morceaux de Normand dedans (enfin, les gens vont comprendre qu'on peut faire des premières avec panache!)

 

Pour en savoir plus:

 

http://www.mango-surf.com/interview/jean-pierre-banville-ecrivain-deraille-derive--4144.html

 

http://www.mango-surf.com/news/mango-surf-decerne-mango-award-livre-surf-2012--4148.html

 

Pour acheter le livre:


http://www.amazon.fr/Rails-D%C3%A9rives-Jean-Pierre-Banville/dp/B00ADSH1SS

 

rails-derive.JPG


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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 10:14

 

romain.jpgEntrevue avec Romain de Lambert , le président du SNAPEC , le syndicat des BE/DE .
On entend pour ainsi dire jamais parler des BE/DE et du SNAPEC alors qu’ils sont un des piliers de la transmission du savoir dans notre monde et des incontournables du milieu de la grimpe .
La présente entrevue devrait permettre de remettre les pendules à l’heure et nous faire constater que ces passionnés sont aux premières lignes dans les discussions sur l’avenir de nos activités verticales. 

 

a)      SNAPEC… le Syndicat National des Professionnels de l’Escalade et du Canyon … regroupe ce que le commun des mortels nomme les B.E. Ces gens sont un rouage essentiel dans notre monde et je suis convaincu que peu de mes lecteurs savent qu’ils sont regroupés dans un Syndicat. Combien de membres, le SNAPEC ? 

A ce jour, le SNAPEC compte 600 adhérents sur environ 1200 moniteurs titulaires du Brevet d’État d’Éducateur Sportif mention "escalade" (BEES ou plus simplement BE) en activité...Et depuis l'avènement des nouveaux diplômes, nous accueillons désormais les successeurs du BE, les moniteurs Diplômés d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (DEJEPS ou plus simplement DE) mentions escalade, escalade en milieux naturels et canyon.  En 10 ans, le syndicat a vu son nombre d'adhésions quasiment tripler ! 

b)      Peux-tu nous faire un court historique de l’organisation ?

Le SNBEE (Syndicat National des Brevet d'État d'Escalade) a été créé en 1989 peu après le diplôme du BEES. Évoluant au fil des années, son nombre d'adhérents est passé de quelques dizaines à 600 aujourd'hui. Le SNBEE est devenu le SNAPEC au début des années 2000. Cela fait désormais 25 ans que le SNAPEC est le syndicat représentatif des professionnels de l'escalade et du canyon en France, il est de fait bien implanté dans le paysage sportif professionnel français. En 2011, le SNAPEC fut l'un des membres fondateurs de la "Coordination Montagne", organisation de la montagne et du plein air qui réunit l'ensemble des acteurs fédéraux, institutionnels, et professionnels du milieu. Une première. 

c)      Le SNAPEC, être B.E., concrétise le rêve professionnel de beaucoup de jeunes désirant œuvrer en escalade et en canyon. Quel est l’âge moyen des adhérents et quelle est la moyenne du nombre d’années d’expérience ?

La moyenne d'âge des moniteurs est d'environ 35 ans (difficile de préciser la moyenne d'années d'expérience). Les jeunes moniteurs sont cependant majoritaires mais on trouve aussi des parcours variés avec des reconversions de plus âgés.

d)      Par pure curiosité, combien de femmes ont un Brevet ou Diplôme d’État ?

 

Un peu moins de 15 % de femme... Malheureusement peu mais comparativement aux autres métiers du sport, c'est la fourchette haute ! A noter : chez les amateurs en escalade, on dénombre plus de 40% de femmes... A titre indicatif, un guide de haute montagne sur 100 est une femme !







e)      On pourrait croire que vivre de sa passion, c’est le meilleur des mondes. Au quotidien, qu’est-ce vivent les membres du SNAPEC ?

 

C'est un métier complet et varié: certains moniteurs sont salariés de clubs, fédérations, ou collectivités territoriales. Environ 70% des moniteurs cependant sont travailleurs indépendants. Il faut donc démarcher sa clientèle, gérer son parc matériel, effectuer les prestations... cela laisse bien entendu du temps pour grimper, mais quand on vit à plein temps du BE (ou DE), cela devient un métier à part entière, avec, comme toute activité professionnelle, son lot de contraintes ! 

f)       Quel avenir pour un diplômé ? Le plein emploi ou la précarité ?

La moitié des moniteurs vivent intégralement de leur BE escalade, c'est 2 fois plus que la plupart des sports de nature ! Pour l'autre moitié c'est très variable : de l'activité très complémentaire (quelques journées par an) au quasi temps plein...Des revenus plutôt modestes, entre 1200 et 1500 € net par mois, équivalent salarié temps plein, mais conforme à ce qui se pratique dans le sport.

g)      Le SNAPEC est coincé entre les grimpeurs, les patrons, les Fédérations, le Ministère … comment tirer son épingle du jeu et se faire respecter ? Qui est le Grand Méchant Loup ?

Les relations avec les différents partenaires, institutionnels ou professionnels sont variables, au gré des dossiers et des enjeux. Dans l'ensemble, nos rapports sont très bons avec les autres acteurs du milieu. Évidemment, il y a des exceptions... Notre ligne de conduite a toujours été basée sur l'échange et le débat d'idées. Jamais nous n'avons présenté de projet ou rejeté une proposition sans argumenter notre décision. Le SNAPEC ne fait, en ce sens, aucune politique politicienne. 

 

Les autres syndicats pro jouent généralement bien le jeu et nos rapports sont au beau fixe, le Ministère fait ce qu'il peut mais on sent tout de même un désengagement progressif, et la FFCAM a une vision intéressante de nos activités. 

 

Quant à la FFME, elle s'est autorisée des manœuvres déloyales et contraires à la parole qu'elle avait donnée lors de comités de pilotage ministériels sur la réforme de la filière de formation, se mettant ainsi à dos bon nombre d'interlocuteurs déçus d'avoir été ainsi trahis...

 

h)      Quelle est la relation actuelle avec la FFME et comment peut-elle s’améliorer ?

 

Vous l'avez compris, la relation avec notre fédération délégataire est tendue, et le dialogue est devenu très difficile sur de multiples sujets: dénomination des DEJEPS escalade, fermeture des sites de la "Route de la grimpe" (Pyrénées orientales), nouvelles normes d’équipement et de classement des sites naturels d'escalade publiées sans concertation avec le monde professionnel contrairement à ce qui avait été acté... les exemples de passage en force des dirigeants de la FFME ne manquent pas. Mais que l'on ne s'y méprenne pas: j'ai un immense respect et beaucoup d'amitié pour les comités départementaux et régionaux, les clubs, qui œuvrent pour l'escalade et qui travaillent souvent main dans la main très efficacement avec les professionnels. Le problème principal vient des dirigeants nationaux qui ont une vue globale sectaire de notre activité, se coupant ainsi de la base des pratiquants et des professionnels sur le terrain...

i)       Et la FFCAM ? Même combat ?

La FFCAM a toujours respecté ses engagements et fait preuve d’ouverture envers les pros. En outre elle propose une vision de l'escalade qui n'est pas exclusivement tournée vers la résine et la compétition. On sent que l'aspect milieu naturel et pleine nature est également important au sein de cette fédération. Nos rapports avec la FFCAM sont excellents, d'autant que depuis 2011, le SNAPEC et la FFCAM ont signé une convention offrant des avantages mutuels aux deux parties. Une réussite dont nous nous félicitons.

j)       Qu’espérez-vous des prochaines élections FFME ?

Un changement aussi radical que l'attitude de certains dirigeants actuels, une "Alternative" ! Pour développer ce propos un poil abrupt, disons que quoi qu'il advienne au cours de cette élection, la composition du bureau se verra modifiée et nous souhaitons ardemment pouvoir reprendre le dialogue avec l'équipe qui sera mise en place pour la prochaine olympiade.

 

k)      Et comment le SNAPEC voit-il l’avenir de l’escalade ? Comment peut-il contribuer à cet avenir?

L'escalade est une activité en plein essor, dont les mérites sont de plus en plus reconnus. Si d'aucuns voient l'avenir centré sur les pratiques compétitives et résineuses, au SNAPEC, on penche davantage pour la poursuite d'une activité polymorphe et un développement harmonieux de toutes les formes de pratique: SAE, sites sportifs, terrain d'aventure, bloc... Nous souhaitons accompagner cette évolution comme nous le faisons déjà depuis 25 ans et nous nous adaptons au nouveau visage de la profession: désormais, tous les titulaires d'un DEJEPS escalade, escalade milieux naturels sont les bienvenus et apportent du sang neuf et des idées fraîches à notre action. 

 

l)       Le SNAPEC mérite à être connu … des plans de communication ?

Nous ne disposons, pour faire vivre notre action, que des ressources provenant des cotisations de nos adhérents. Inutile dans ces conditions d'envisager des spots de pub sur TF1 avant le film du dimanche soir !  Plus sérieusement, notre réputation et notre crédibilité s'est construite patiemment depuis un quart de siècle. Aujourd'hui, nous sommes un interlocuteur incontournable sur toute question concernant l'escalade et le canyon,  que ce soit au niveau local ou national. Nous sommes membre fondateur de la Coordination Montagne, nous sommes régulièrement invités aux réunions de la Section Permanente de l'Alpinisme, nous avons, au fil des ans, développé un réseau dense et de confiance au sein du milieu de la verticalité et du plein air. C'est pour nous, dans l'attente d'une manne providentielle, la meilleure façon de faire connaître notre implication et notre sérieux. 

m)    Et pourquoi vous ne vendez pas, dans votre boutique, des casquettes SNAPEC ? Modèle ‘’Escalade’’ et modèle ‘’Canyon’’ en filet …

Nous n'en sommes pas loin ! La boutique de notre site snapec.org propose quelques articles très intéressants à destination de nos adhérents: notre partenaire Patagonia nous a concocté des t-shirts, des polaires et des soft shell techniques, à nos couleurs et superbement finis. Pour le canyon par exemple, "Gens de la Montagne" nous propose un sac estampillé SNAPEC. Et pour toutes nos activités, l'association Pharefuge (sous l'impulsion d'un moniteur qui est également médecin urgentiste) a permis l'élaboration d'une trousse à pharmacie spécialement dédiée au métier de moniteur d'escalade et de canyon. Un outil indispensable très apprécié de nos adhérents ! Ne manquent, effectivement, plus que les casquettes !

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 09:15

Comment vois-tu ton engagement dans la FFME si tu gagnes un poste à l’élection ?

Mon engagement, je le vois comme une participation au renouvellement de la FFME.

Je ne souhaite pas avoir une approche « politicienne », je suis et je reste avant tout une pratiquante des multiples activités de la fédération, autant Escalade en compétition qu’en falaise, mais aussi Alpinisme, Ski-Alpinisme et Randonnée. Cependant, je ne suis pas satisfaite des orientations données par l'actuelle équipe dirigeante. Or, pour ne pas agir à la marge mais faire réellement « bouger les lignes », quoi de mieux que d'être au « cœur du système »?

Dans un 1er temps j’aurai une attitude d’observatrice attentive et critique. Je ne suis pas omnisciente, il s’agira de bien prendre mes marques, de bien cerner les enjeux et de ne pas se précipiter.

De toutes les propositions mises de l’avant par la ‘’deuxième liste‘’, quelles sont les trois qui te tiennent le plus à cœur ?

Le qualificatif de "deuxième liste" sous-entend une hiérarchie entre les deux listes en compétition, je préfère donc parler de la "liste alternative". Et je rappel que nous avons toutes nos chances de gagner ! Pourquoi alternative ? Car il faut changer certaines choses, proposer de nouvelles orientations.

En tant que citoyenne, une des choses qui m’a motivée pour m’impliquer dans cette élection, c’est que la gestion de la fédération est très opaque pour les simples licenciés. Je suis surprise de ne pas savoir ce qu’il se passe au Conseil d’Administration et dans les Commissions, de ne pas avoir de communication sur les choix qui ont été faits par la fédération, de même que les enjeux financiers qui y sont liés. Par exemple, combien a coûté l’organisation des Championnats du Monde à Bercy ? Certes il y a de la communication sur l’événement, mais seulement sur les résultats positifs des sportifs. Mon premier choix est donc notre proposition n°2 concernant la transparence : les comptes rendu des CA et des différentes commissions ou conseils seront en libre accès sur le site de la fédération.

En tant que jeune femme, je suis étonnée de la faible présence de femmes dans les équipes de compétition (notamment en ski-alpinisme) et parmi les équipes d’ouvreurs. C’est de plus en plus vrai quand on monte dans le niveau des compétitions. Parmi les 76 ouvreurs internationaux, il n’y a aucune femme ! On peut légitimement s’interroger sur le rôle de la fédération dans ce domaine. Je soutiens donc particulièrement notre proposition n°40 à propos de la parité homme-femme.

En tant que pratiquante de l’escalade en falaise, j’ai été confrontée à la difficulté de gestion, d’accès, d’entretient, et d’autorisation de grimper sur des sites naturels. Par exemple, les Gorges du Tarn ont été déséquipées pendant un peu plus d’un an. C’est pourquoi mon troisième choix se porte sur l’évolution du plan national de développement des sites naturels d’escalade, qui est la proposition n°41.

Est-ce que des fusions sont souhaitables avec d’autres fédérations au point de vue économique ?

Notre propos c’est pour l’instant de travailler sur des rapprochements. En ce qui concerne les fusions éventuelles les enjeux se situent surtout en terme d’efficacité, de représentativité, de réponse aux attentes des pratiquants. D’un point de vue purement économique les rapprochements entre fédérations sont souhaitables ! D’ailleurs le rapport de la Cours des comptes de janvier va dans ce sens et la ministre des sports Valéry Fourneyron l’a approuvé. La France est le pays d’Europe qui compte le plus de fédérations sportives, elle compte 117 fédérations agréées alors que l’Allemagne n’en a que 60 et l’Italie ainsi que l’Espagne 64.

Cependant, il faut bien garder à l’esprit qu’un rapprochement ne peut pas fonctionner sans un accord sur les idées, sur les enjeux ; et surtout sans une adhésion au projet, un engouement de la part des licenciés.

Est-ce que des fusions sont souhaitables avec d’autres fédérations au point de vue culturel? En effet, n’y-a-il pas un risque de perdre son âme en s’associant à la Randonnée ou au Ski ? D’être dilué dans la masse ?

D’un point de vue culturel, il y a forcément des affinités avec d’autres fédérations. Je ne vois pas pourquoi une coopération renforcée ne serait pas envisageable. Il ne s’agira jamais de faire une « OPA » hostile sur une autre fédération mais, comme nous le proposons, de relancer un processus de rapprochement avec des coopérations bien concrètes telles que des formations et des rassemblements communs. Tout comme la diversité des pratiques représentées par la FFME en fait sa richesse, les fédérations de sport de montagne pourraient être « unies dans leur diversité » pour reprendre un slogan à la mode en Europe !

Quel est selon toi l’avenir de l’escalade en milieu naturel ?

Comme tu as pu t’en apercevoir, je suis particulièrement sensible à la problématique de l‘escalade en milieu naturel. L’avenir de cette pratique doit passer par davantage de concertation. J’ai constaté de nombreux problèmes dans ma région avec de nombreux sites interdits.

La FFME devrait déléguer aux comités départementaux et régionaux la gestion des sites et encourager leur maintenance et leur développement. D’autre part le rôle de la fédération au niveau national est d’être un facilitateur, de favoriser le dialogue entre les parties prenantes (propriétaires, associations, collectivités, comité départemental, utilisateurs des sites). C’est actuellement ce qui manque par exemple en Ariège, je regrette que les falaises n’y soient plus conventionnées, la FFME n’a pas bien assumé son rôle de rassembleur ...

La Fédération doit-elle mettre des efforts pour que la raquette et la spéléologie soient déclarées sports olympiques ? Attention : la raquette à neige a beaucoup plus d’histoire que l’escalade et des courses sérieuses existaient déjà il y a des siècles …

Tu mélanges un peu tout, la spéléo n’a jamais fait partie de la FFME. Pour moi la spéléo n’aura jamais vocation à devenir un sport olympique, l’essence de la spéléo c’est l’exploration, je rejoins sur ce point ce qu’a pu exprimer Phil Bence dans son interview que j’ai pu lire sur Kairn. Dans notre programme nous affichons comme une priorité l’accès à l’olympisme pour l’Escalade et le Ski-Alpinisme.

Est-ce qu’une fédération n’est que le porte-voix des Puissances en Place ou bien a-t-elle une autonomie propre ?

La position des responsables fédéraux, comme a pu l’exprimer Olivier Obel dans l’interview qu’il a faite avec toi, est délicate, car la fédération reçoit une délégation de la part du ministère. Elle doit donc respecter certains engagements formulés dans la « convention d’objectifs » signée avec l’Etat.

Cependant, cela reste un accord sur les grandes lignes, et laisse une grande latitude pour mettre en place nos propositions.

Et puis n’oublies pas que je suis originaire de Millau, entre le Larzac et la lutte antimondialisation, nous avons l’habitude des combats de résistance et de contestations face aux « Puissances en Place » !

Si la ‘’liste alternative‘’ entre en force, quelle sera son attitude face aux cadres et techniciens employés actuellement par la FFME ?

Il n'y aura pas de "chasse aux sorcières", nous ne sommes pas des révolutionnaires! Dans un premier temps il s'agira de mieux cerner les fonctions de chacun, leurs missions. De ce bilan pourront résulter des redéfinitions de poste en lien avec les nouvelles orientations que nous proposons.

Coincée sur une île déserte, genre Lagon Bleu, avec quelle personne aimerais-tu être ?

Aucune chance d’être coincée sur une île déserte, je suis plus souvent en montagne qu’en mer !

Tu vas demander quoi le Noel prochain ? Si tu es élue … un gilet en kevlar, peut-être ??

Ça fait longtemps que je ne crois plus au père Noël. Si j’avais besoin de protections ce serait plutôt des coinceurs et des Friends !

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