Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Pour le week-end de l’Ascension, le team caffmeux s’exportait donc sur l’île anglo-normande de Jersey.
Et en cette fin d’après- midi de mercredi, c’est l’ambiance joyeuse et « verry exiting » des grands départs qui règne à la Lande de Clécy. Le « master » est chargé à bloc : bouffe, matériel d’escalade, vélos...
Direction St-Malo. Fred et David nous rejoignent alors que nous avons déjà commencé notre nuit qui sera courte. Réveil à l’aube, préparatifs efficaces et départ pour le port. Je vous la ferai courte mais à cause d’une légère erreur dans la localisation de celui ci, Marine, Vanessa et Dom arrivent deux minutes avant le départ du bateau. Largement hors délais pour embarquer. Léger coup de mou. Un ange passe. Ça pédale pour trouver un plan B mais Seb met fin à nos cogitations en nous annonçant qu’il a déjà négocié notre embarquement sur le ferry du soir. Gros soulagement. Au passage un grand merci à la personne de Condorferry qui nous a échangé nos billets sans que nous déboursions un centime supplémentaire.
Nous profitons donc de ce temps mort pour visiter St-Malo et ses environs et c’est fort en avance que nous arrivons à l’embarquement. Traversée sans histoire et à St Hellier, sous le soleil, Fred et David nous attendent avec leurs petits vélos.
Nous mettons cap au nord sur Bouley Bay et son fort Leicester qui nous servira de gîte. Et tout de suite un constat s’impose : Jersey n’est pas la Hollande. Ses petites routes sont pleines de charme mais connaissent peu le plat. Nous atteignons notre superbe fort après une magnifique descente... mais comprenons vite que nos virées débuteront à chaque fois par une magnifique montée!!!
Notre superbe
gîte...
Ce vendredi, nous avons décidé d’aller grimper à dans la baie de Beauport . Situé au sud-ouest de l’île, ce site est donc à l’opposé de notre lieu de résidence . Cela nous promet une belle partie de manivelles. Nos deux mouflettes, Alisée et Elisa sont installées bien au chaud dans de petites carrioles tractées par leur pères respectifs. Prennent place également les accessoires de puériculture.... et quelques cordes. La quincaillerie est chargée dans les sacs à dos. Eh oui, à Jersey, c’est terrain d’aventure total. Nous nos engageons donc, avec la fameuse côte en échauffement, sur le tourniquet des montagnes russes jersiaises.
Nous finissons par arriver en vue de la baie convoitée et repérons sans problèmes nos falaises. Après un rapide en-cas, il est temps de passer aux choses sérieuses.
Sur notre falaise nous sommes accueillis par un vent à décorner des bœufs et fouettés par quelques embruns. Nous confectionnons un relais de type super béton. Devant ces conditions un peu spéciales, prenant en compte le fait que nous sommes trois et aussi... une certaine austérité de la face, nous décidons que pour ne pas finir congeler ce sera, oh hérésie, moulinette. Nous commençons par une dalle, enchainons par une belle fissure - extérieure ou plus renfougne suivant les styles - et alors que Seb fini une troisième grimpette la pluie s’ajoute aux embruns. Avec David nous nous préparons à remonter par l’issue de secours mais Seb insiste pour que nous gravissions cette ligne. Merci à lui car nous sommes unanimes à la trouver de toute beauté. Départ dans un dièdre, traversée sur une dalle et sortie par un petit éperon. Tout en placement. Somptueux.
La pluie a le bon goût de ne pas trop insisté et c’est sous un ciel plombé mais à peu près sec que nous rentrons « at home » C’est un peu dur pour la pauvre Fred pour qui c’est la reprise. Mais elle met un point d’honneur à finir ses côtes le sourire aux lèvres. Et comme de coutume apéro géant pour fêter ça. Bien sûr le rapport grimpe/ vélo est assez déraisonnable. Mais sont-ce cette ambiance un peu spéciale ou les restes de l’effet « Dodtour », nous sommes profondément heureux. Et je suis sûr que si nous avions débarqué en voiture sur le parking jouxtant nos voies, elles n’auraient pas eu la même saveur.
Réveil en douceur ce samedi. Nous allons grimper dans la baie voisine de Bonne Nuit sur le site de la Valette . Le transfert vélocypédique sera donc réduit. Aujourd’hui, Marine se joint à nous et nous faisons deux cordées . Et bien sûr les coinceurs sont de sortie. Nous enchainons les voies et trouvons que décidément la grimpe en terrain d’aventure, c’est chouette . Et ce n’est pas Seb, qui vit un volatile de l’espèce susnommée lui décoller au ras des oreilles lors du franchissement d’une boite aux lettres, qui dira le contraire. Comme hier, c’est la pluie qui mettra fin à nos activités. Mais cette fois ci, elle persistera et c’est passablement humide que nous rejoignons notre fort. Douche, apéro, vous connaissez la suite.....

La pluie fine qui dégringole ce dimanche matin nous ôte tous regrets de ne pas avoir obtenu de places sur le ferry du soir. C’est donc en avance et mouillé que nous regagnons le port de St Hélier. Au sec dans le bateau nous repassons déjà tous ces bons moments et formons déjà des projets : pourquoi pas Guernesy l’année prochaine!!!
Et puis une mention particulière à nos deux mouflettes qui en plus de subir sans broncher nos excentricités, égayent nos journées de leurs sourires Et aussi à leurs mamans qui, malgré la fatigue, assurent sans faillir

dom
Comme annoncé, le team caffmeux a donc mis le cap sur le bout du bout de la Bretagne, à Pen Hir, pour le week-end du 8 mai.
Et comme pour Bleau, la pluie accompagne le voyage. Arrêt buffet à Guinguamp, où nous sommes contraints de manger dans la voiture. Mais à l’approche de la pointe bretonne la pluie cesse et nous décidons d’aller immédiatement toucher le rocher et nous échauffer.
Sous la croix de Lorraine un petit
v e nt guilleret nous accueille. Comme
il est de tradition pour un premier contact, nous allons à la dalle de Paul. Au pied de celle ci, deux bonnes surprises nous attendent. Nous sommes à l’abri du vent et nous sommes seuls, ce qui
est exceptionnel sur ce secteur. Une nouvelle voie a été ouverte sur la droite de la dalle, assez sympa. Nous descendrions bien à la dalle de verre mais il faut être au camping avant 19H. Sur
celui ci c’est également le grand désert. A peine quelques camping-cars et nous sommes les seules tentes!!!

Dimanche, c’est un rayon de soleil qui nous sort du duvet (avec lequel les nuits sont beaucoup plus agréables!!!). La grande falaise s’impose. Echauffement pour tout le monde dans « la ballade sur le fil » encore à l’ombre. Les doigts sont un peu gourd et les prises un peu poites. Mais le soleil finit par éclairer cette magnifique falaise qui devient, de suite, moins austère!!! Nous redescendons donc avec Damien et après « diabolo » tentons le superbe « fil d’ariane » C’est ric rac mais ça passe!!!

Pendant ce temps là, Lionel perfectionne la technique de relais de Florent et l’initie aux coinceurs. Nous avons un peu oublié l’heure au grand dam de celui ci pour qui l’heure du repas semble sacré. Après une légère collation, nous allons finir la journée à la dalle de verre, toujours déserte et si belle au soleil couchant.
Nous rentrons au camping, heureux de notre journée... et de nos performances!!! Et c’est dans la bonne humeur que nous débouchons quelques bières à la santé de François Hollande!!!

Ce lundi, c’est malheureusement la grisaille et le vent qui nous attendent à la sortie de la tente. Nous allons au bien nommé « cirque des courants d’air » gravir les traditionnelles « beati pauperes spirutu » et « in vino veritas ». Je pousse sans conviction jusqu’à « aphrodite » mais un vent aigrelet et puissant me fournit une excuse acceptable. Je redescend donc dans la grande falaise, plus abritée, pour emmener Florent dans « diabolo » C’est donc au tour de Damien de prendre une leçon de coinceurs du maitre Lionel. Cette fois, nous sommes à peu près ponctuels à la pause déjeuner, mais un petit grain est également au rdv.
Nous laissons passer et allons passer l’après-midi aux dalles grises et des pêcheurs où une retraite rapide est beaucoup plus facile. Néanmoins content de notre journée, nous regagnons le camping où après le traditionnel apéro et un rapide repas, nous rentrons vite nous mettre au chaud dans les duvets. Pendant la nuit un petit crachin tenace sévit et nous nous réveillons dans la brume. L’humidité sature et comme de toute façon Lionel ne doit pas rentrer trop tard, nous mettons directement la barre sur la Normandie.

Suite et fin de cette trilogie à Jersey pour l'Ascension
dom

Le team caffmeux a donc, comme tous les ans, été fêter le vrai travail, celui qui est parfaitement inutile mais tellement indispensable à son équilibre, à Bleau.
Et il en faut justement de l’équilibre pour gravir ces foutus rochers Au vu de la météo, le départ a été décalé au samedi matin. Voyage sous la pluie, arrivée sous la pluie. Nous profitons d’une accalmie pour monter les guitounes et partir en repérage. Nous constatons qu’effectivement le rocher est très humide. Les seuls endroits secs sont les gros toits. Très mauvais pour moi!!! La nuit est affreusement ventée, froide et humide (surtout que j’ai oublié mon duvet!!!) Bravo Alzheimer!!!
Au réveil tardif nous avons le moral dans les chaussettes, enfin pour ceux qui en ont, car cet accessoire n’est pas très tendance à Bleau (il parait que ça fait vieux cafiste!!) Surtout que la météo de Vanes et Seb n’est guère optimiste. Pourtant, celle que j’avais consultée avant le départ n’était pas si mauvaise. En fin de matinée le vent finit par faire son oeuvre et déchire les nuages. Nous décidons d’y aller. En passant à l’accueil du camping récupérer les petits pots d’Alizée la gardienne nous prédit une belle après-midi. Le moral remonte en flèche. Seb nous choisit un site qui sèche vite et en plus magnifique : le cul de chien.
Un bon vent maintient les vannes célestes fermées et nous procure un terrain de jeu praticable en un temps record. Et nous nous en donnons à coeur joie.
Si c’est la seule journée grimpable, autant lâcher les chevaux!!! Et c’est fort tard que nous rejoignons la Musardière.
Grosse surprise le lendemain matin le soleil luit!!! Nous partons sans retard et guilleret pour le mont aigu, le site que Seb a retenu. L'un des circuits est un bleu, D+. Exactement ce qu’il me faut. Avec un peu de détermination et en multipliant les essais j’arrive à enchainer les blocs.
Vanessa n’est pas en reste et nous sort son 5c
bleausard!!
Vers 15H une petite averse nous chasse vers le camion mais le soleil réapparait vite. Et nous décidons de repasser par le rocher Guichot où Seb peut exprimer son énorme potentiel sur un beau rouge.
L’élégante Marine enchaine les dalles avec une facilité écoeurante. Quand à moi, ben il y a comme un coup de mou. Les nombreux essais du mont aigu semblent avoir laissé des traces. Encore un retour tardif au camping salué par une petite averse. Mais le temps de passer à la douche et de déguster une petite bière bien méritée la pluie cesse et nous pouvons diner au sec.
Toujours beau le mardi matin et après le mélancolique dépiquage des tentes, nous mettons le cap sur le J.A. Martin. Encore un joli site avec des blocs grandioses. Passage malheureusement trop court mais Alizée est cuite.
Il faut dire que la pauvre pitchoune suit depuis deux jours notre rythme effréné. Et qu’elle nous brosse les prises et ne dédaigne pas à l’occasion se faire un petit bloc.
Le team, bien radioguidé par Seb, finit en beauté par un grand chelem sur une audacieuse traversée, ponctuée d’une aérienne sortie, que certains d'entre nous avaient bien sûr jugée impossible!!!
Et du retour, comme d’habitude, je n’ai pas vu grand chose Prochain rdv pour le team caffmeux dans une formation inédite, ce week-end à Pen-Hir dom
Nous avions laissé Bleau sous la pluie lors de notre dernier séjour bellifontain.
C'est donc en toute continuité qu'a débuté ce nouveau séjour.
Nous sommes accueillis par une petite pluie fine, sournoise et peu revigorante...
Selon les pronostics de Dom, le beau temps doit arriver, ce que confirme les locaux....
Une fois le camp de base installé, on traine un peu en s'amusant sur la slack, remontant ainsi aux origines même de ce sport. En effet, la légende dit que la slackline a été inventée dans les années 80 par les grimpeurs désoeuvrés du Yosémite qui les jours de mauvais temps s'occupaient en marchant sur des chaines ou des cordes.

Quoi qu'il en soit, Dom ne tient plus... Il trépigne d'impatience et nous partons grimper..sous la pluie.
Direction le bloc du Yoga et son toit abrité pour s'amuser quelques instants.
Un peu perplexe, Dom met les chaussons....
Malgré la pluie, le plaisir de toucher le grès bleausard est là et le jeu prend rapidement le pas sur les conditions météo.
Au retour, nous croisons les doigts pour le lendemain.....La nuit est particulièrement arrosée et ventée....
Aurions nous fait le bon choix en venant ici?
Magnifique séjour dans le Peak District!
Je reviens de vacances.
D’un endroit fabuleux où la lumière est tellement omniprésente qu’elle semble pénétrer jusqu’aux pores de la peau. Un endroit où le spectre de couleurs élargit sa palette pour nous faire découvrir des tons inconnus et iridescents. Un endroit où les contrastes heurtent nos sens et nous laissent sans voix.
Je reviens de Floride!
Ignares… je vous entends ricaner du fond de vos grottes… La Floride… plus kitch que ça et c’est Hollywood! Et en prime, c’est un banc de sable : pas une seule falaise dans tout l’État. J’avoue que ce n’est pas l’escalade qui m’a attiré en Floride mais le surf. Et que si Mickey, Universal, Miami Vice et CSI sont kitch au possible, il n’en demeure pas moins qu’une grande partie de la région est quasiment vide de kitcheneurs et de kitchenettes. Pour un Cocoa Beach tartiné de corps nus comme vous souhaiteriez qu’il y en ait au pied de votre falaise fétiche, il existe à peu de distance au sud, des milles de plages totalement vides où de petites vagues viennent se briser depuis le début des temps. Pour un Orlando mickeysé, combien des marécages remplis d’alligators qui n’attendent que votre visite?
Un endroit parfait pour la photographie, la Floride…
Vous savez que la photographie est contemporaine de l’escalade? Que l’âge d’or de la photographie se juxtapose à l’âge d’or de la grimpe? Et que la ferveur montagnarde de nos prédécesseurs doit beaucoup aux premières images diffusées dans les salons et les conférences?
La vidéo, nouveau support qui ne s’est démocratisé que depuis quinze ans, n’arrive pas à la cheville de la photographie pour rendre l’atmosphère de l’escalade. Grimper, c’est souvent évoluer avec lenteur, être statique, bouger sur deux plans uniquement. Les détails s’effacent or ce sont ces détails qui font l’escalade et son environnement.
Et pour rendre ces détails, il y a les photographes. Des passionnés doués – car c’est un don – d’une vision personnelle et décidés à mettre les heures nécessaires pour faire le cliché idéal. Moi, je ne peux qu’admirer les photographes qui nous font rêver à tous les jours. Car souvent une jolie photo sera le point de départ d’une aventure!
Outre la technique et les heures passées au bout d’une corde, il y a un côté artistique à la photographie qui m’attire. Il y a cette recherche de la lumière idéale, ce désir de capter l’instant de grâce. Moi, comme un peu tout le monde, je n’ai ni la technique ni le talent : vous devriez voir mes photos de vacances! Ce ne sont que des souvenirs parce que je me souviens de ce que je voulais photographier. Ou parce qu’elles sont le souvenir d’un de mes doigts devant l’objectif…
C’est à la vue de ces désastres que m’est venue l’idée de demander au meilleur photographe de grimpe – Sam Bié – comment il fait pour réussir tous ces clichés hors normes. Je vous laisse juger de nos œuvres respectives :
a) Pourquoi un homme intelligent irait, en pleine connaissance de cause, se suspendre des jours durant au bout d’une corde pour photographier le sport le moins photogénique de la création ?
- Le "sport le moins photogénique de la création" ? Mmmm, je n'irai pas jusque-là, mais dans un sens, tu as raison... Ce n'est pas le sport en lui-même qui est ou n'est pas photogénique, par contre, le support sur lequel ce sport est pratiqué, lui, OUI. Enfin, je parle bien du caillou, pas du plastique. Le rocher, les formes, les lignes, les couleurs, çà, ça me fait tripper ! Ce n'est pas pour rien que mon péché mignon est le grand angle, cadrer un morceau de falaise hallucinant en y intégrant un grimpeur, souvent minuscule, pour donner une échelle à tel ou tel lieu extraordinaire, tout juste là comme un prétexte, histoire de rappeler que c'est de l'escalade, çà, j'adore, c'est beau !
Quant à l'homme intelligent, si un tant soit peu il l'était, je pense qu'au fond de lui, il se dit que ces heures d'effort et de patience pendu au bout de ses cordes, que ça vaut le coup, que ces visions de privilégié valent d'être partagées.
b) Est-ce que la photographie d’escalade et de montagne professionnelle demande de l’inconscience, du matériel spécifique, de la technique ou, plus prosaïquement, une bonne dose de chance ?
- Je ne pourrais pas vraiment te parler de montagne, c'est un milieu que je ne maîtrise absolument pas, même si les points communs sont abondants avec l'escalade.
De l'inconscience pour faire ce métier, c'est certain ! Pour le métier plus que pour le reste, dans le sens où crois-moi, je ne suis pas riche, loin de là. Les risques et paris financiers sont monnaies courantes, l'avenir est plus que précaire. Je travaille en quelque sorte "sans filet".
Le matériel photo n'est guère plus spécifique que d'autres domaines photographique. A quelques accessoires près, c'est le même que pour faire des photos de croquettes pour chien. Deux boîtiers, des objectifs, des flashs, des pochettes pour trimbaler tout çà au baudrier et un gilet de pécheur avec pleins de poches pour les bouchons, les batteries et le tabac (important !).
Le matos d'escalade, lui, se rapproche plus de celui des travaux accros, en essayant d'être le plus léger possible.
De la technique, oui, beaucoup. Un exemple concret, depuis le sol, je vois une voie qui m'inspire. J'essaye de visualiser mentalement ce que je pourrais avoir comme vision depuis tel ou tel endroit et l'idéal, très souvent, est un endroit situé en plein ciel. Ok. De là, j'analyse tout ce qu'il y a autour pour, techniquement, réussir au mieux à aller me placer à cet endroit inaccessible. C'est là que les compétences de bidouilles de cordes en tout genre entrent en jeux et bien sûr, le plus en sécurité possible. Le tout, à mettre en place le plus rapidement possible, car, la bonne lumière se barre vite, mon grimpeur n'est pas toujours patient et, je n'ai pas les moyens de rester trois mois sur un seul lieu. Une fois pendu à mes ficelles, il faut faire les photos. Tu l'as bien compris, je ne suis pas en studio, le confort est nettement moindre et à coup de grand angle, ma position est souvent acrobatique, donc physique. Oui, au grand angle, je vois facilement dans le viseur, mes pieds ou une sangle trop longue au baudrier, donc, je dois mettre mes pieds au-dessus de la tête et souvent encore, tenir le boitier et faire tous les réglages d'une seule main. Alors oui, c'est technique.
Et la chance, ben, pour reprendre une phrase que mon père m'a souvent répétée, "la chance, çà se provoque". Bien sûr, il y a toujours l'élément ingérable, le petit rayon de soleil qui va bien, mais je suis totalement d'accord avec cette citation, la chance, il faut aller la chercher, à l'égal de ce superbe slogan pour le Loto : "100% des gagnants ont tentés leur chance"...
c) Et comment y es-tu venu, à la photo à bout de cordes ?
- Tout simplement parce que c'était l'activité que je connaissais le mieux. Je suis un grimpeur à la base, ex-membre de l'Équipe de France, j'ai beaucoup grimpé étant jeune. Et la photo, mon père et mon grand-père ont été photographes une partie de leur vie, j'ai souvent erré tout gamin dans les chambre noires mais n'ai hérité de rien ou presque, juste des photos de moi, enfant, en noir et blanc, qui m'ont toujours plu. Puis, à force de feuilleter les magazines de grimpe et leurs belles images, j'ai eu envie, en 95, de m'y mettre aussi. Totalement autodidacte, dès le début, mon ambition était de vendre mes photos aux magazines, non pas pour en vivre, mais juste pour gagner un peu d'argent à réinvestir dans du matériel et des voyages. Ma première publication était une pleine page dans le Roc & Wall n°1, un mois et demi après avoir eu mon premier appareil.
d) Est-ce que tu as une ‘’vision’’ particulière, unique et personnelle, lorsque tu es en action (si on peut appeler ça de l’action….)
- T'as une dent contre l'escalade ou quoi ?!...
Je pense que mon point fort est ce que je t'expliquais plus haut : imaginer une vision d'un endroit précis, en 3D. Cette mentalisation se caractérise par la célèbre "tête de Sam" ! Demande aux grimpeurs qui me connaissent bien...
Une chose est sûre, c'est que ma "vision personnelle" (unique?) est celle que j'aime le plus, dont je suis "auto-fan", des images larges, avec un grimpeur en petit, qui montre le support.
e) Quelle est la meilleure photographie – outre celle que tu as manquée- le meilleur angle d’attaque, la meilleure lumière pour atteindre les sommets de ton art ?
- Chaque endroit est différent et encore différent lui-même au fil des années d'expérience qui s'accumulent. Refaire la même photo 10 ans après, est quasiment impossible... Je n'ai pas la prétention d'affirmer qu'une technique est la meilleure. C'est du feeling : on en a tous un, différent, à un moment donné. Deux photographes, au même endroit, dans des conditions exactes, sortiront des photos différentes.
Personnellement, mon meilleur angle d'attaque est justement cet angle, c'est de me placer au bon endroit. Je ne suis pas un stakhano de la lumière parfaite, à tel point que la majorité du temps, je préfère l'ombre.
La meilleure photo, ben justement, c'est celle que l'on manque... La scène qui se passe devant les yeux, celle où l’on n’a même pas le temps de dire "clic". Des fois, il faut savoir uniquement apprécier le moment présent, un souvenir est fait pour être dans la tête, pas pour être accroché au mur, sinon, ça s'appellerai un poster...
f) Est-ce qu’il existe un rocher idéal pour la photo ?
- Idéal, je ne pense pas, toutes les formes sont dans la nature, par contre, des rochers "caca-beurk", super dur à rendre beau en photo, çà, y'en a.
g) Quel type de grimpeur t’inspire le plus ?
- Un type particulier, non. Certains sont plus photogéniques que d'autres. Mais ceux qui sont motivés, qui m'aident pour réussir une belle photo, çà, c'est appréciable.
h) Comment concilier la vie de photographe, les déplacements et voyages et la vie de famille ?
- C'est pas simple, encore que, je ne suis pas celui qui bouge le plus. Cumulé, c'est environ 4 à 5 mois de déplacement par ans. Çà demande un peu d'organisation et de respect pour ceux qui restent. J'en profite d'ailleurs, pour dire merci à Eva, mon épouse, Yohan, mon petit garçon patient et mes parents dans leur rôle de papi et mamie.
i) Comment vois-tu le milieu de la montagne dans vingt ans et où seras-tu ?
- Dans 20 ans, je pense que ça n'aura pas beaucoup changé, si ce n'est que l'escalade sera au Jeux Olympiques, sous une forme regrettable, "la vitesse", et que le 9b se fera à vue (enfin, çà c'est pour dans 3 ans !). Les nouveaux terrains de jeux seront beaucoup plus rares, les falaises actuelles plus usées, les Chinois seront non seulement les Maîtres du Monde, mais aussi les plus forts en escalade, car, depuis longtemps, je trouve que la morpho-physiologie des asiatiques est la plus adaptée à cette activité.
Quant à moi... Si tout va bien, un vieux con de 60 ans...
j) Outre la photo, quelles sont tes passions ?
- Les voyages, le bricolage mais aussi la photo... Et la photo également.
k) Pâtisserie et vin favoris ???
- En vin, je ne m'y connais pas plus qu'en marque de chien ou de fleur. Je sais juste, qu'une fois dans ma vie, j'ai bu ce que je considère comme du vrai vin, c'était, euh... J'en sais rien, c'était waow... Pas pareil !
En pâtisserie, mes meilleurs souvenirs, sont celles de Sicile ! Les Cannolis et même si je ne suis pas très glace, celles maisons, étalées à la spatule dans une brioche ! Mais bon, les sucreries, j'essaye de me modérer, je suis diabétique...
l) Le plus bel endroit visité jusqu’à présent ?
- La grande arche de Gétu en Chine, pendant le dernier PETZL RocTrip, les très graphiques orgues basaltiques d'Arménie, l'immense chaos de bloc d'Hampi en Inde, les paysages américains, les Météores grecs sous la neige, Taghia au Maroc, et il y en aura d'autres...
Très belle journée à Saint Clair.
Mention spéciale pour une magnifique répétition en très peu d'essais de Dasbe par un grimpeur de Sées dont le verdict semble dire que 6c, c'est un sous coté.
En tout cas, voir de nouveaux grimpeurs sortir nos blocs, ça remotive pour ouvrir de nouveau dans le coin!
La semaine dernière, nous nous étions donnés rendez vous avec Jean Christophe pour découvrir le site des Roches d'Orgères. Ce site a été ouvert grâce au travail de Jo Maguet.
Nous nous retrouvons sur ce site, à la frontière entre le bloc et la petite couenne (le sommet des voies a été équipé de chaînes par Jo)
Nous grimpons quelques blocs, mais passons plus de temps à taper la discut'. Il faut dire que cela fait un moment que nous nous sommes pas vus et que l'esprit est plus à bavarder au cours de cette journée grisâtre!
Entre débat sur l'éthique, les coinceurs et la pratique en général, nous tombons d'accord sur une conclusion 'Est-ce que tout cela a une réelle importance?"
D'intérêt local pour un grimpeur habitant à proximité, le site est facilement accessible et offre une belle vue sur les environs.
Mais le principal souvenir de cette sortie n'aura aucun rapport avec l'escalade. Nous retiendrons tous les deux le dégagement du Master totalement embourbé dans les champs. Entre le master et le toyata Hilux équipé de roues énormes, il n'y a pas photos!
Un grand merci d'ailleurs à l'agriculteur qui nous a donné un inestimable coup de main!
Pour accéder à ce site: lien google
Cet été, comme je l’ai écrit dans un précédent texte, j’ai ouvert une nouvelle voie : Alto aesto.
Depuis je suis retourné à Flamanvile pour ouvrir une variante (L2’) de la voie Alto aesto :
L’idée est de suivre la fissure presque horizontale de « Macadam line » jusqu’au « dièdre laurent ».
Dans cette traversée, il vous faudra compter sur votre ami le plus « nul ». En effet, il n’est possible de placer qu’un seul coinceur : un friend N°0.
Comme la traversée fait plus de 5 m de long, pour éviter le « pendule de la mort »en cas de chute, il vaut mieux utiliser les fissures verticales de « macadam » au début et du « retour du tafiole » à la fin.
La semaine qui vient de s'écouler a compensé toute la douceur accumulée depuis plusieurs semaines!
Etait-ce pour fêter l'arrivée d'Elisa qui succède à Alizée dans le rôle du plus petit membre du team Caffmeux?
Quoi qu'il en soit, quelques flocons étaient déjà tombés sur Clécy afin de nous prévenir....Ce premier moment a permis à Alizée de s'initier à la luge, mais rapidement tout était revenu dans l'ordre.
Mais depuis Samedi dernier, c'est une autre histoire. Alors que certains tournaient à vélo dans le coin, d'autres préparaient le bivouac à Clécy....qui s'est transformé en hivernale sous la neige avec une belle épaisseur le lendemain!
A noter que l'organisateur a trouvé une nouvelle fois une bonne excuse pour dormir au chaud.
Quand Clécy prend ses attraits neigeux, les rochers du parc nous ouvrent un terrain de jeu différent qu'il est ludique de parcourir différement...
En tout cas, le redoux est annoncé et la couche de neige devrait disparaître comme peau de chagrin. Mais nous pourrons encore dire cette année que l'hiver a été bien présent, comme en il y a un an, et deux ans.